L’imposition des rentes viagères dépend de la nature du produit financier qui a fait fructifier le capital.

Les rentes peuvent être constituées à titre onéreux (celles versées en contrepartie de la cession d’un bien ou d’un capital) ou à titre gratuit (aucune contrepartie n’est stipulée en échange de la rente promise). C’est le cas, par exemple, de la rente viagère constituée par un père à son enfant. Dans les deux cas, le rentier est alors redevable de l’impôt sur le revenu, mais la ponction dépend de l’âge du bénéficiaire au moment où il demande le versement.

Ainsi, la rente est taxée à 70 % pour un crédirentier de moins de 50 ans, à 50 % entre 50 et 59 ans, à 40 % entre 60 et 69 ans et à 30 % au-delà de 70 ans. A cette ponction s’ajoutent les prélèvements sociaux de 15,5 %. C’est le régime des rentes reçues à la sortie d’un contrat d’assurance-vie, d’un Perco (ou tout autre placement proposant sur option la sortie en rente)

En revanche, un régime spécifique est prévu pour les rentes issues d’un PERP, d’un contrat Prefon, Madelin ou d’un article 83. Dans ce cas, la fiscalité applicable est la même que celle des pensions des régimes obligatoires. La rente est assujettie à l’impôt sur le revenu. Le contribuable bénéficie malgré tout d’un abattement automatique de 10 %. « Le législateur considère que, comme il y a eu un avantage fiscal à l’entrée des produits « tunnel » (PERP, contrat Madelin), il n’y en a pas d’autre à la sortie, et notamment concernant la fiscalité de la rente », commente Jean-Christophe Boccon-Gibod, responsable du développement commercial du réseau Cardif et partenaires chez BNP Paribas Cardif. Attention, en plus du paiement de l’impôt, « le contribuable est aussi redevable de la CSG et la CRDS aux mêmes taux que ceux applicables aux pensions retraite, soit 7,1 % en l’état actuel de la législation », précise Olivier Farouz, directeur général d’Arca Patrimoine.

Enfin, il y a les rentes défiscalisées. Cette exception ne concerne que celles provenant de la conversion d’un PEA ou d’un ancien PEP. Attention, s’il existe bien une exonération totale de l’impôt sur le revenu, le contribuable reste malgré tout redevable des prélèvements sociaux de 15,5 % qui sont calculés sur une fraction de la rente. Selon l’âge du crédirentier, elle évolue entre 30 et 70 %.

Source : http://www.lesechos.fr/journal20141107/lec2_supplement/0203913019278-des-rentes-aux-fiscalites-differentes-1061977.php?TKF5txDfxFRjZfQL.99